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Mercredi, 26 Novembre 2014

  •   Sana Harb
  • vendredi 1 mars 2013 16:01

Médias - SlateAfrique vire le marocain Ali Amar, les journalistes algériens, solidaires, s’en vont

Ali Amar

 

Que se passe-t-il à SlateAfrique ? Depuis plusieurs jours, ce site qui s’est imposé en moins de deux ans parmi les références de l’actualité du Continent, fait parler de lui et, plutôt en mal. Le renvoi pour des raisons politico-commerciales du journaliste marocain Ali Amar a fait réagir les journalistes algériens qui collaborent à Slate : ils s’en vont. Solidaires.


Cela commence par des pigistes à qui l’on annonce début janvier qu’il ne leur sera plus pris de papiers, les finances du site étant dans le rouge. Jusque-là, rien de bien anormal car ainsi va la vie de la presse sur la Toile en raison de la raréfaction de la publicité. Là où les choses se corsent, c’est quand l’on apprend que le tandem fondateur du site est licencié. Officiellement, Pierre Cherruau (un ancien de Courrier International) et son adjoint Philippe Randrianarimanana, sont renvoyés pour cause économique, le site devant changer à la fois de management et d’organisation éditoriale (une nouvelle formule serait prévue pour ce mois de mars). L’affaire aurait pu en rester là si elle n’était pas concomitante du renvoi d’Ali Amar, journaliste marocain, collaborateur régulier de SlateAfrique et très critique à l’égard de la monarchie de Mohammed VI et de l’affairisme du Makhzen.

Très vite, le milieu des journalistes maghrébins en poste à Paris mais aussi les correspondants du site au Maghreb s’interrogent. Ali Amar aurait-il été viré pour permettre à SlateAfrique de trouver des partenaires financiers au Maroc ? Pierre Cherruau et son adjoint auraient-ils été remerciés car, justement, ils se sont toujours opposés à ce qu’Ali Amar n’écrivent plus pour SlateAfrique. Interrogé par le site Yabiladi, Ali Amar fait la déclaration suivante : « personne ne m’a réellement prévenu de mon renvoi, mais une source légale, m’a fait suivre un mail insultant à mon égard envoyé par Eric Leser (le directeur de la rédaction de Slate et SlateAfrique, ndlr) à la hiérarchie de Slate. A partir de là, en janvier, je n’ai plus réussi à voir publier mes articles ».

 

Un mail falsifié ?

 

Ce mail dont il est question va déclencher une affaire en cascade qui pourrait bien se terminer devant les tribunaux. Selon Ali Amar, voici ce qu’Eric Leser aurait écrit à la rédaction de SlateAfrique : « Ali Amar ne travaille plus pour Slate. Ce type est un escroc et nous aura coûté très cher en faisant fuir tous les partenaires marocains avec qui nous avons discuté. On aurait dû prendre cette décision plus tôt ». Contacté par Yabiladi, Eric Leser ni toute arrière-pensée politique ou financière et transmet à la journaliste Julie Chaudier sa propre version du courriel où il n’est plus question de « partenaires marocains ». « Je n’ai jamais été au Maroc, affirme ainsi Eric Leser, ni en négociation avec d’éventuels partenaires marocains, si ce n’est Geomédia, effectivement, mais c’était il y a deux ans et cela ne s’est jamais concrétisé ». Et d’ajouter que la vraie raison du renvoi d’Ali Amar serait un plagiat, le journaliste marocain ayant repris des extraits de son ouvrage, coécrit avec Jean Pierre Tuquoi, « Paris-Marrakech: Luxe, pouvoir et réseaux » et cela sans que la référence soit citée.

Il faut noter que Jean-Pierre Tuquoi, ancien journaliste au Monde, a été un implacable adversaire de Jean-Marie Colombani, aujourd’hui patron de Slate.fr et SlateAfrique, quand ce dernier était à la tête du quotidien du soir. Ali Amar a-t-il payé sa proximité avec Jean-Pierre Tuquoi ? La question mérite d’être posée.

Mais, l’affaire aurait pu en rester là si le même Eric Leser n’avait admis quelques jours plus tard auprès du site Médiapart la véracité du contenu du mail tel que rapporté par Ali Amar. Dans cet article, l’ancien correspondant du Monde à Washington reconnait bien l’existence des fameux « partenaires marocains » et concède que des « négociations » ont bel et bien eu lieu jusqu’au milieu de 2012 (lire ici la reprise de l’article de Mediapart par le site marocain Demain Online). La réaction ne se fait pas attendre. Colère chez la journaliste de Yabiladi, « enfumée » par Leser et article assassin du site Demain Online pour qui Leser s’est rendu coupable de « falsification » en transmettant un mail tronqué à la journaliste Julie Chaudier pour mieux enfoncer Ali Amar. Aux dernières nouvelles ce dernier a décidé de porter l’affaire devant la justice.

 

Les Algériens quittent SlateAfrique

 

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Collaborateur de SlateAfrique depuis son lancement, le journaliste et écrivain Akram Belkaïd rend publique dans sa chronique du blédard publiée par le Quotidien d’Oran sa décision de ne plus collaborer avec le site. Tout en refusant de se prononcer sur le renvoi de Pierre Cherruau et de Philippe Randrianarimanana, il rappelle que « Pierre Cherruau a permis le décollage de ce site » et qu’ « avec lui et son équipe », ils ont été plusieurs pigistes à avoir « assis la crédibilité et la notoriété de SlateAfrique, notamment au Maghreb ». Surtout, Akram Belkaïd estime que le départ d’Ali Amar pose la question de l’équilibre du traitement par SlateAfrique de l’information en provenance d’Algérie et du Maroc. « Dans la presse française, on peut cogner autant qu’on veut sur Abdelaziz Bouteflika, le DRS ou qui sais-je encore, mais, surtout, surtout, pas touche à Mohammed VI, écrit-il. Or, Ali Ammar, comme ses anciens compères du Journal Hebdo Aboubakr Jamaï et Ali Lmrabet, ne se sont jamais laissés allés à ce genre de journalisme makhzano-compatible. Le fait qu’Ali Amar ne soit plus calamum-gratta chez SlateAfrique pose donc nécessairement la question de l’indépendance de ce site vis-à-vis du Makhzen et des divers intérêts financiers interlopes qui activent en son nom. Il est possible que cette indépendance soit maintenue, mais, en tout état de cause, j’ai décidé, en ce qui me concerne, que la belle aventure avec SlateAfrique est désormais terminée.»

 

Dans la foulée, on apprenait que les journalistes algériens Chawki Amari et Kamel Daoud, cessaient eux-aussi, et pour les mêmes raisons, leur collaboration avec SlateAfrique. Vachard, le site Demain Online conseille à SlateAfrique de puiser du coup dans les « dizaines de ‘’journalistes’’ marocains qui ne demandent qu’à travailler pour SlateAfrique en accord avec les directives makhzeniennes des deux compères », comprendre Eric Leser et Jean-Marie Colombani. Et de proposer à ce dernier d’« appeler le très officieux Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), qui serait heureux de lui fournir les noms des candidats ».


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