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Jeudi, 27 Novembre 2014

  •   Nejma Rondeleux
  • dimanche 20 janvier 2013 11:29

La violence de l’histoire algérienne expliquerait l’opération de l’armée à In Amenas (journaux britanniques)

Unité d'élite de la gendarmerie à l'entrainement

La riposte de l’armée algérienne à la prise d’otages d’In-Amenas a été diversement appréciée. Ferme, violente, brutale, les commentaires divergent. Mais les clichés perdurent. Deux articles publiés sur le site internet du journal britannique The Guardian décrivent l’opération comme un « bain de sang »,  un « massacre », dont l’approche « agressive » , « sans prisonniers », adoptée par le gouvernement  algérien, trouverait racine dans « l’histoire sanglante » du pays.

« Attaque du site gazier au Sahara : l'histoire sanglante de l'Algérie nourrit une réponse violente » soutient ce titre d’un article publié vendredi 18 janvier sur le site internet du Guardian. « Le massacre dans le Sahara a été un choc terrible pour les pays étrangers, dont les malheureux nationaux se sont retrouvés impliqués. Mais personne n’aurait dû être surpris que le gouvernement algérien adopte une telle approche agressive et sans prisonniers jusqu’au drame mortel à In Amenas », affirme le journaliste Ian Black, rédacteur-en-chef du service Moyen-Orient du Guardian.

Pour justifier son analyse, il commence par une blague, « macabre », précise-t-il mais très provocatrice : « Quoi de pire que d’être kidnappé par Al-Qaida ? Réponse : être sauvé par l’armée algérienne ». Toute cette affaire étant tout de même plus sérieuse qu’une simple plaisanterie, Ian Black recours ensuite à l’Histoire pour justifier ses propos. « L’histoire moderne de l’Algérie est trempée de sang », déclare-t-il .

Malheureusement, l’article du rédacteur en chef du service Moyen Orient n’est pas un cas isolé. La veille, jeudi 17 décembre, un article publié sur le même site du Guardian, développait déjà cette idée sous le titre « L’Algérie crache plus de sang ». Dans son article, la journaliste Nabila Ramdani, invoque aussi l’Histoire pour spéculer sur l’issue de la prise d’otages : « Etant donné l’histoire violente [« savage » en anglais] de l’Algérie, il est tragique, mais à peine surprenant que la prise d’otages à In Amenas se terminera dans un bain de sang ».

L’histoire de l’Algérie se résumerait à une succession d’épisodes sanglants

C’est du moins la version présentée dans les deux articles des journalistes  britanniques.  Ian Black évoque ainsi comme premier épisode sanglant la guerre de Libération (1954-1962). « Dans l’historiographie nationaliste, la longue lutte pour l’indépendance contre le pouvoir colonial français est intervenue au prix de « million de martyrs ».

Second « conflit terrible » abordé par le journaliste : la guerre civile des années  1990, qui intervient tout de même « trente ans après l’indépendance de l’Algérie » , note le journaliste. Mais, pour Ian Black, cette ellipse historique ne mérite pas de s’y attarder. Effectivement, ces trois décennies de paix au cours desquelles l’Algérie se (re)construit  n’ont pas été « trempées » de sang.

Suit une explication rapide sur la lutte anti-terroriste menée par l’armée et les services secrets algériens  avant cette conclusion sans appel : « le refus de négocier avec les terroristes […] ressemble rien de moins qu’à une réponse instinctive conditionnée par une histoire brutale ».  Quant à la journaliste Nabila Ramdani, qui retrace dans son article les faits d’arme de Mokhtar Belmokhtar, l’auteur de la prise d’otages d’In Amenas, elle va encore plus loin dans son jugement, condamnant d’avance l’Algérie à un avenir malheureux : cet épisode annoncerait, selon elle, de futurs chapitres « tristes et violents de l’histoire de l’Algérie ».


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