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Lundi, 22 Décembre 2014

  •   Abed Charef
  • lundi 28 janvier 2013 20:40

Nabni ne fait pas de politique, il a juste un projet politique très élaboré

 

Nabni

Des idées novatrices, beaucoup de propositions concrètes, dans une démarche qui se veut globale et cohérente. Nabni navigue entre collectif militant, think-tank, groupe de citoyens désireux de contribuer au progrès de l’Algérie et boite à idées. Il se fixe ligne rouge : ne pas faire de politique. Mais il ne fait que ça, comme le montre son rapport « Algérie 2020 ».

 

 

Nabni a fait du chemin. Le collectif « Notre Algérie Bâtie sur de Nouvelles Idées », qui se voulait indépendant et apolitique, a pris de l’épaisseur, mais il s’est, surtout, laissé lentement dériver vers de nouveaux rivages, pour investir allègrement le champ politique, bien qu’il se défende toujours de vouloir empiéter sur ce terrain. Se situant visiblement dans un courant libéral très en vogue, il développe désormais un discours qui se veut plus global, avec une vision très moderne de l’organisation de la société.

Son « rapport Nabni 2020 », remis aux partis, à des personnalités politiques et à différentes institutions, déborde en effet le volet techniciste dont se prévalait initialement le collectif, pour aborder les questions politiques, intégrées dans un chapitre prudemment consacré à la gouvernance. Nabni précise que son rapport « ne couvre pas un certain nombre de questions parce qu’elles sont de nature purement  politique, hors champ d’action de NABNI ». Parmi ces questions non évoquées, « la réforme de la constitution et du code électoral, le rôle du pouvoir militaire dans le champ institutionnel, l’organisation fine des institutions, etc. »

Cette précision apportée, Nabni plonge à pieds joints dans la politique, en soulignant une évidence : un projet économique et citoyen impose des préalables politiques. Il cite différents initiatives économiques directement tributaires de choix politiques, prône « une nouvelle manière de concevoir et de conduire les politiques publiques », soulignant que « celle-ci exige une refonte de la gouvernance de l’Etat et des institutions, et plus fondamentalement de leurs liens aux administrés ».

Nabni fait le constat, « largement partagée, qu’en l’état actuel de nos institutions et du «système» qui les régit, toutes les propositions pour engager l’Algérie sur la voie du développement, aussi innovantes soient-elles, demeureront un vœu pieux. Ce constat, amer, est juste », estime Nabni, qui finit par aborder frontalement la question politique majeure à laquelle est confrontée l’opposition algérienne : comment réaliser le changement ? Nabni réfute l’idée paralysante selon laquelle il faut attendre que le système s’effondre, sous prétexte qu’on ne peut rien faire contre lui, tout comme il réfute l’idée de l’homme providentiel. Pour Nabni, il n’y a pas « une clé », mais « des milliers de clés » offertes par les lacunes du système lui-même. « Chacun à une part de la solution pour changer le système ».

 

Renforcer le rôle du parlement sans faire de politique !

 

Il dénonce « la dérive dangereuse de nos institutions, qui sont coupées des citoyens », et critique « les règles informelles et non écrites », ainsi que « le contrôle politique ou sécuritaire sur les appareils de l’Etat (qui) sont bien plus difficiles à changer et ne relèvent pas uniquement de textes écrits ou de réformes administratives classiques». Il déplore que « les institutions de l’Etat, à tous les niveaux, ne rendent pas compte aux citoyens ».

Pour y remédier, il propose quatre grands remèdes. La « redevabilité » doit soustraire responsables et agents de l’Etat de la pression « informelle », celle exercée de manière informelle par les réseaux, la hiérarchie, le clientélisme ou toute autre de pouvoir illégale. En contrepartie de la levée de cette contrainte de l’informel, le responsable concerné doit être comptable devant le citoyen, dans le seul cadre de la loi ; pour y arriver, il faut de la transparence dans tous les domaines, aussi bien dans la gestion du budget de l’Etat que dans la répartition des aides sociales, le tout devant être soumis à des règles publiques et transparentes ; Nabni souligne également que tout ceci doit pouvoir être vérifié à tout moment par le citoyen et les contre-pouvoirs, qui doivent être renforcés.

Nabni assume également son choix pour un régime parlementaire, sans le dire ouvertement. Il veut « faire du Parlement un acteur clé de l’évaluation de l’action de l’Etat et de la responsabilisation de l’exécutif », et déplore que le parlement n’ait « aucun pouvoir réel aujourd’hui en Algérie ». « Il y a absence d’équilibre des pouvoirs », estime le collectif.

 

Nouveau discours consensuel

 

Au plan économique, Nabni veut se situer dans une politique consensuelle, parle de solidarité et de partage, mais endosse clairement une ligne libérale largement partagée aujourd’hui dans le monde de l’entreprise et des think-tanks. Il propose également que « la politique industrielle se fasse impérativement en partenariat avec des représentants du secteur privé. Pour y parvenir, il faut bâtir une nouvelle relation entre l’Etat et le secteur privé, faite d’écoute, de transparence, d’implication dans la décision et dans l’évaluation des politiques publiques ».

Il propose aussi de séparer le monde de l’entreprise du monde politique. « Une plus grande efficacité des entreprises publiques requiert de mettre en oeuvre des réformes qui permettent de réduire l’influence néfaste d’interférences politiques dans leur gestion », estime Nabni, qui demande aussi « une plus grande transparence dans les nominations aux postes de responsabilité » et l’intégration d’administrateurs privés les conseils des entreprises publiques.

Mais Nabni maintient certaines confusions, comme celle qui consiste à identifier le secteur privé aux citoyens, lorsqu’il demande que soit établie « une nouvelle relation entre l’Etat et le secteur privé (ou les citoyens) ». Il présente des décisions économiques d’essence libérale comme neutres. En ce sens, Nabni se situe dans un courant qui a le vent en poupe, celui qui considère que les questions idéologiques sont tranchées, et qu’il ne resterait que des questions techniques à régler. Une sorte de fin de l’histoire face à laquelle les luttes, la mobilisation et le combat politique relèvent d’une ère démodée, en droite ligne de ce que prônent le FMI et la Banque Mondiale, dont la grille d’analyse s’est largement imposée. Mais face à l’immobilisme destructeur du système bureaucratique algérien, le discours de Nabni est très novateur, tout comme le discours du FMI, qui paraissait en d’autres temps destructeur, ressemble aujourd’hui à une bouée de sauvetage.


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