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| Libye, incertitudes sur la reprise économique malgré un début d’amélioration des finances du pays |
Le conflit qui a pris fin avec la chute du régime de Kadhafi a contracté de 60% le PIB de la Libye en 2011, note le FMI dans un récent rapport. L’année 2012 devrait être celle de la reprise économique, annoncée par le redémarrage rapide de la production de pétrole et de gaz. L’économie libyenne n’a pas pour autant quitté le cercle de l’incertitude. La stabilisation des cours mondiaux des hydrocarbures est loin d'être garantie et le rétablissement de la sécurité demeure une condition pour la relance de l'activité du secteur privé et le retour des travailleurs migrants. La situation de l’économie libyenne demeure préoccupante, constate le Fonds monétaire international (FMI) dans un rapport sanctionnant une mission effectuée récemment par ses représentants en Libye. Le plus éloquent signe en est, note-t-il, la contraction de 60%, en 2011, du produit intérieur brut (PIB), en parallèle à un bond de 14% des prix à la consommation. Pour le FMI, l’état des finances du pays reste « précaire » en dépit de la levée du gel des avoirs libyens à l’étranger : faisant face à un véritable déclin des recettes budgétaires dû à la baisse des revenus des hydrocarbures, le gouvernement se finance en empruntant à la Banque centrale et en épuisant ses dépôts. La contraction du PIB de la Libye en 2011 s’explique, principalement, par la chute de sa production pétrolière durant et après le conflit qui l’a agitée et qui n’a pris fin qu’avec la mort du colonel Mouammar Kadhafi à Syrte, le 20 octobre 2011. Cette production, rappelle le rapport, est tombée d’une moyenne de 1,77 million de barils/jour en 2010 à seulement 22.000 barils/jour en juillet 2011, mois marquant l’apogée des affrontements entre les forces rebelles, soutenues par l’OTAN, et celles restées fidèles au despote libyen. Désastreuse fuite de la main-d’œuvre étrangère La vertigineuse chute des revenus pétroliers libyens a eu, naturellement, de grandes incidences sur la balance du compte courant dont l’excédent a baissé de 21% du PIB en 2010 à 4,5% du PIB en 2011. En 2011, les recettes des exportations se sont chiffrées à 19,2 milliards de dollars contre pas moins de 48,9 milliards en 2010 et les dépenses d’importations à 14,2 milliards de dollars contre 24,6 milliards l’année précédente. Les secteurs économiques autres que les hydrocarbures, observe encore le document du FMI, ont également pâti du conflit, plus précisément de la « destruction de l’infrastructure et des facilités de production », du « départ des travailleurs immigrés », de « l’interruption de l’activité bancaire » et de « l’accès limité aux devises étrangères ». L’instabilité politique dans le pays et ce qu’elle engendré comme limitation de ses disponibilités financières ont fait dégringoler sa monnaie. A cause de l’assèchement des ressources de la Banque centrale consécutif au gel des avoirs libyens à l’extérieur, le dinar avait perdu, à la fin de l’année 2011, 20% de sa valeur sur le marché des changes parallèle. Toutefois, fait remarquer le rapport, l’écart entre les taux de change informel et officiel s’est rétréci à 10% le 15 janvier 2012. Les incertitudes sécuritaires pèsent sur la reprise économique L’activité économique en Libye, prédit le FMI, devrait reprendre en 2012. La production pétrolière est déjà remontée des abysses où elle stagnait en juillet 2011 pour atteindre 980.000 barils/jour en décembre 2011. Les revenus du pays, aussi bien ceux budgétaires que les revenus du commerce extérieur, devraient s’en ressentir positivement. Quant à l’activité des secteurs économiques autres que les hydrocarbures, elle devrait être tirée par le lancement des vastes chantiers de la « reconstruction ». Les perspectives de relance de l’économie dépendent, toutefois, de l’amélioration de la sécurité dans le pays. Les incertitudes sécuritaires, selon le FMI, constituent autant de contraintes pour la reprise du secteur privé et pourraient empêcher le retour en Libye des travailleurs étrangers, indispensables pour suppléer à l'insuffisance de la main-d’œuvre locale. Ces perspectives demeurent aussi dépendantes du maintien à leurs niveaux actuels des cours mondiaux du pétrole et du gaz. Le FMI prévient sévèrement : « Bien que (ces cours) restent élevés, le risque d'un ralentissement économique étendu pourrait (les) abaisser et lancer des défis additionnels à l'économie hydrocarburo-dépendante de la Libye. » |
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