Dans dix ans, 2011 sera évoquée comme une année de rupture dans la transition énergétique mondiale. L’électronucléaire y a perdu gros. Fukushima. Les autres sources dans le mix énergétique deviennent plus visibles. Les acteurs du solaire et de l’électricité verte, des deux côtés de la méditerranée se sont mis en configuration de coopérer. Une année utile.
Noureddine Bouterfa a expliqué aujourd’hui, sur les ondes de la Radio publique algérienne, que le protocole de coopération signé avec Desertec le 9 décembre dernier, l’a été par Sonelgaz « en tant qu’opérateur industriel ». Il porte, a-t-il ajouté, sur le renforcement des échanges d'expertise technique et le développement des énergies renouvelables en Algérie et à l'international. Le groupe algérien n’est pas intéressé par une prise de participation dans l’initiative allemande, a-t-il précisé, rappelant qu’il y a un plan national de développement des énergies nouvelles et renouvelables doté de 80 milliards de dollars.
L’ouverture du marché européen de l’électricité, est une des conditions du partenariat énergétique entre l’UE et l’Algérie sur le renouvelable. Alger ne veut pas que la future électricité verte - Desertec et autres projets - arrive comme un flux d’appoint sur un marché continental régulé par d’autres sources de production. La réunion de Bruxelles entre les deux parties a plus servi à cerner les obstacles qu’à les aplanir.
Le ministre de l'Energie et des Mines, M. Youcef Yousfi, a affirmé vendredi à Bruxelles que l'Algérie compte développer un partenariat "avantageux" et "équilibré" avec l'Union européenne, dans le domaine des énergies renouvelables, notamment le solaire.
Le groupe public algérien Sonelgaz a signé ce vendredi 9 décembre à Bruxelles un premier accord avec le consortium Dii (Desertec Industrial Initiative) sur leur collaboration future. Le DG de Dii se félicite de l’engagement déterminé des autorités algériennes pour les énergies renouvelables. Un accord qui « s’inscrit dans la durée », selon le PDG de Sonelgaz.
Il y aura beaucoup de travail en Algérie pour les entreprises étrangères spécialisées dans les EnR. La construction d’une soixantaine de centrales solaires, hybrides et de fermes éoliennes est prévu d’ici 2020. Le PDG de Neal soutient que l’Etat Algérien doit acquérir des entreprises dans le monde s’il veut obtenir leurs technologies. Un point de vue rarement affiché ainsi par les managers publics.
A l’encontre du gouvernement qui estime « inéluctable » le recours au nucléaire, les experts recommandent de prioriser les énergies renouvelables. Pour Tewfik Hasni, les ressources financières de l’Algérie pouvant d’être affectées par la crise dans la zone euro, il faudrait éviter de s’aventurer dans des investissements colossaux, amortissables sur plusieurs années. Il rappelle que les centrales nucléaires ont besoin de beaucoup d’eau, ce qui condamne l’Algérie à les implanter près des côtés, en des zones à grand risque sismique.
Desertec industrie le consortium né en Allemagne qui vise à produire de l’électricité verte au Sahara et en exporter une partie vers l’Europe avait besoin d’un gros partenaire réseau, pour acheminer ses futurs gigawatts. C’est fait depuis la signature d’un accord à Bruxelles avec Medgrid l’autre grand consortium acteur, né en France, du plan solaire méditerranéen. Maghreb Emergent et le quotidien d’Oran ont demandé à Tewfik Hasni, expert énergétique et ancien PDG fondateur de NEAL, (énergies nouvelles) de décrypter pour eux cet important accord.
La première usine privée algérienne de fabrication de panneaux photovoltaïques sera opérationnelle à partir du mois de mars 2012 avec un taux d’intégration nationale de 90%, a annoncé jeudi le propriétaire de ce projet.
Le volet industrie du programme national des énergies renouvelables (PNR) est un grand défi. Djamila Mohammedi directrice Stratégie à la holding Sonelgaz déconstruit et décrypte dans cet entretien très éclairant le programme national, les différentes options qui s’offrent, l’effort à faire en recherche et développement. Avec le cap d’avoir, en 2030, une véritable industrie.