Aïd en Tunisie : le prix exorbitant de 1000 dinars pour un mouton de 20 kg, une tradition en question

Aïd en Tunisie

L’Aïd en Tunisie est une célébration riche en traditions et en partage. Cependant, l’une de ces coutumes suscite de plus en plus de débats : l’achat d’un mouton pour le sacrifice. Avec un prix atteignant les 1000 dinars pour un animal de 20 kg, cette pratique met à rude épreuve le budget des familles tunisiennes.

Face à cette inflation, la question se pose : cette tradition doit-elle être remise en question ? Dans cet article, nous explorerons les différentes facettes de ce sujet complexe et sensible.

Le Synagri préoccupé par la hausse des prix des moutons en Tunisie

La montée en flèche des prix des moutons en Tunisie, à l’approche de l’Aïd, suscite l’inquiétude du Syndicat des agriculteurs de Tunisie (Synagri). Son président, Dhaoui Midani, a exprimé ses préoccupations ce lundi, soulignant que les prix oscillent actuellement entre 50 et 60 dinars le kilo. Cela signifie qu’un mouton moyen de 20 kg coûte environ 1000 dinars.

Selon Midani, cette augmentation est due à la loi de l’offre et de la demande dans un contexte de diminution significative du cheptel national. Il a insisté sur la nécessité d’aborder les causes profondes de cette situation, malgré la disponibilité de vastes pâturages et la baisse des prix des aliments pour bétail.

Aïd

 

Facteurs influençant l’augmentation des prix des moutons

La loi de l’offre et de la demande joue un rôle crucial dans cette hausse des prix, exacerbée par une réduction notable du cheptel national. En effet, lorsque l’offre chute, les prix ont tendance à augmenter. Malgré l’abondance des pâturages cette année et la diminution des coûts des aliments pour bétail, les tarifs des moutons continuent de grimper.

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Cette situation est principalement due à la baisse du nombre de brebis reproductrices. Midani a souligné que l’abattage continu des femelles affaiblit durablement la capacité de reproduction du cheptel, contribuant ainsi à l’escalade des prix.

Propositions du Synagri pour une vision à long terme

Dhaoui Midani, président du Synagri, a plaidé pour une approche à long terme axée sur la relance de la production plutôt que sur l’importation. Il a suggéré que si l’importation est nécessaire, elle devrait se concentrer sur les femelles afin de reconstituer le cheptel national. Selon lui, cette stratégie pourrait aider à stabiliser les prix en augmentant l’offre de moutons sur le marché.

Cette proposition vise à inverser la tendance actuelle qui voit les femelles continuellement abattues, réduisant ainsi la capacité de reproduction du cheptel et contribuant à l’augmentation des prix.

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Imen Haouari

Écrit par Imen Haouari

Imen Haouari est journaliste indépendante spécialisée dans l’actualité tunisienne. Ses articles couvrent un large spectre allant de la politique nationale aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux qui façonnent le quotidien du pays.

Attachée à une information claire et vérifiée, elle met un point d’honneur à décrypter les faits avec rigueur et neutralité. Sa plume analytique éclaire les grands événements tunisiens tout en donnant une place centrale aux voix citoyennes et aux réalités locales.