Dans une critique acerbe, l’écrivain algérien Rachid Boudjedra pointe du doigt ses compatriotes Boualem Sansal et Kamel Daoud. Selon lui, ces derniers seraient les pantins d’une narration coloniale persistante. Cette déclaration, qui a fait grand bruit dans le monde littéraire en 2025, soulève de nombreuses questions sur la représentation de l’Algérie dans la littérature contemporaine.
Cet article se propose d’explorer les arguments avancés par Boudjedra et de comprendre pourquoi il accuse Sansal et Daoud de perpétuer une vision coloniale de leur pays.
Rachid Boudjedra dénonce la falsification de l’histoire algérienne dans son nouvel ouvrage
L’éminent écrivain et penseur algérien, Rachid Boudjedra, fait sensation avec son dernier livre intitulé « Les contrebandiers de l’histoire ». Publié par Dar Al Hikma à Alger, cet essai bilingue (arabe et français) se positionne comme un acte de résistance intellectuelle. Boudjedra y lance des accusations sévères envers les auteurs Boualem Sansal et Kamel Daoud, qu’il accuse d’avoir dénaturé l’histoire nationale algérienne au profit d’une vision néo-coloniale soutenue par des nostalgiques de l’époque coloniale.
Il reproche aux deux écrivains franco-algériens d’utiliser leur plume pour attaquer l’histoire, l’identité et la mémoire algériennes, le tout sous couvert d’un discours littéraire.
Boudjedra critique Sansal et Daoud pour leur vision néo-coloniale de l’histoire algérienne
En pleine effervescence culturelle et idéologique, Boudjedra se dresse contre ce qu’il considère comme une campagne sournoise menée par les écrivains franco-algériens Boualem Sansal et Kamel Daoud. Selon lui, ces derniers utilisent leur talent littéraire pour porter atteinte à l’histoire, l’identité et la mémoire de l’Algérie. Il dénonce une manipulation idéologique orchestrée par des élites françaises d’extrême droite, nostalgiques de l’époque coloniale.
Boudjedra reproche particulièrement à Sansal ses propos « indignes » sur la souveraineté territoriale algérienne lors d’une interview avec un média français d’extrême droite, rappelant sa récente condamnation à cinq ans de prison. Quant à Kamel Daoud, Boudjedra le présente comme un produit privilégié du système, qui renie aujourd’hui les avantages dont il a bénéficié sous couvert d’un discours prétendument critique.
« Les contrebandiers de l’histoire » : un électrochoc dans le paysage littéraire algérien
Dans un contexte éditorial algérien souvent marqué par l’autocensure et la complaisance, « Les contrebandiers de l’histoire » a provoqué un véritable séisme. Boudjedra y défend avec ferveur la souveraineté culturelle et intellectuelle de l’Algérie, dénonçant une appropriation du récit historique algérien par des voix extérieures.
Son ouvrage soulève des questions cruciales sur le rôle des intellectuels algériens à l’ère postcoloniale. Il redessine les frontières d’une bataille narrative essentielle pour la mémoire nationale, offrant ainsi une riposte inédite face à ce qu’il qualifie de « nouvel orientalisme » littéraire.



