L’Algérie, l’un des plus grands importateurs de blé au monde, opère un changement majeur dans sa politique d’approvisionnement. Pour la première fois dans l’histoire, le pays nord-africain se tourne vers d’autres fournisseurs, délaissant ainsi le blé français. Cette décision, qui marque un tournant historique, soulève de nombreuses questions quant à ses implications pour le marché mondial du grain et les relations commerciales franco-algériennes.
Découvrez dans cet article les raisons de ce choix stratégique et les conséquences potentielles pour les acteurs concernés.
Le blé européen en chute libre, le blé français écarté
Les prix du blé européen ont atteint un creux historique le 16 avril, une situation exacerbée par l’exclusion du blé français d’un récent appel d’offres de l’Algérie. Cette décision a contribué à la baisse des prix, avec une tonne de blé se négociant à 209 euros sur Euronext, soit une diminution de 0,6%.
L’appréciation de l’euro face au dollar a également joué un rôle dans cette dégringolade, rendant les produits européens moins compétitifs à l’exportation. Les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie pourraient être à l’origine de l’exclusion du blé français, selon certains observateurs du marché.
L’Algérie se tourne vers la mer Noire pour son approvisionnement en blé
En réponse à un appel d’offres international, l’Office algérien d’interprofessionnel des céréales (OAIC) a acquis près de 570 000 tonnes de blé meunier. Les sources indiquent que le volume pourrait atteindre 600 000 tonnes. Le blé provient principalement de la région de la mer Noire, notamment d’Ukraine, de Roumanie et de Bulgarie. Étonnamment, le blé français n’apparaît pas dans cette transaction.
Cette absence pourrait être liée aux tensions diplomatiques récentes entre la France et l’Algérie. Cependant, il est également possible que l’Algérie cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement pour garantir sa sécurité alimentaire.
Impact sur les exportations françaises de blé et le marché algérien
L’Office FranceAgriMer a révisé à la baisse ses prévisions d’exportations de blé hors UE, en raison notamment d’une demande insuffisante de l’Algérie et de la Chine. Les exportations pour cette saison devraient être inférieures de 70% par rapport à l’année précédente. Par ailleurs, l’Algérie a revu son cahier des charges pour l’importation de céréales, favorisant ainsi d’autres fournisseurs plus compétitifs.
Cette situation, couplée à une dégradation des relations diplomatiques entre Paris et Alger depuis juillet 2024, a entraîné une chute drastique des importations de blé français par l’Algérie, passant de 5 millions de tonnes en 2019 à 1,5 million en 2024.



