Malgré trois textes de lois en dix ans, le statut des travailleuses domestiques reste précaire. Une étude menée par « Avocats sans frontières » révèle un système juridique déphasé et des relations contractuelles complexes.
Ces travailleuses, souvent exploitées, peinent à revendiquer leurs droits. L’urgence est à la protection de ces femmes et à l’intégration de leur métier dans l’économie formelle.
Dix ans de législation, une évolution statutaire en berne
Malgré trois textes de lois promulgués au cours des dix dernières années, le statut des travailleuses domestiques reste inchangé et précaire.
Ces femmes continuent de travailler sans bénéficier de sécurité sociale, d’assurance santé ou même d’un contrat de travail formel.
Leur lutte quotidienne pour gagner leur vie met en lumière l’absence de progrès concrets dans leur situation professionnelle.
Les efforts législatifs n’ont pas réussi à structurer efficacement le secteur du travail domestique. Les travailleuses domestiques restent largement exclues des mécanismes de protection et de justice, malgré la vulnérabilité inhérente à leur profession. Cette réalité souligne l’urgence d’une réforme profonde pour garantir leurs droits fondamentaux.
Une étude révélatrice d’Avocats sans frontières
L’organisation « Avocats sans frontières » (ASF) a mené une étude approfondie sur les difficultés rencontrées par les travailleuses domestiques.
Les résultats ont mis en évidence des relations contractuelles complexes et un système juridique déphasé, qui ne correspond pas à la réalité socioéconomique de ces femmes souvent issues de classes sociales défavorisées et déscolarisées.
Ces travailleuses sont ainsi exposées à l’exploitation et peinent à revendiquer leurs droits. Malgré les avancées législatives, le secteur du travail domestique reste mal structuré, avec un accès limité aux mécanismes de protection et de justice.
Des lois existantes mais inefficaces
Malgré l’existence de la loi n° 37 de 2021 sur le travail domestique, la loi n° 61 de 2016 sur la prévention de la traite des personnes et le décret-loi n° 33 de 2020 relatif au régime de l’auto-entrepreneur, le secteur du travail domestique reste mal structuré.
Ces textes législatifs, bien que conçus pour protéger les travailleuses domestiques, ne sont pas suffisamment appliqués. Les travailleuses ont un accès limité aux mécanismes de protection et de justice, ce qui accentue leur vulnérabilité.
Pour améliorer cette situation, il est nécessaire de renforcer l’application de ces lois et de réviser le Code du travail afin d’intégrer ces travailleuses dans l’économie formelle.
Il est également crucial de combattre les stéréotypes discriminatoires et de traiter les travailleuses domestiques avec respect et dignité.



