Économie algérienne : les récentes décisions fiscales sous le feu des critiques

Le Chef de l’Etat fortement critiqué

Abdelmadjid Tebboune a déclaré la suppression des nouvelles taxes sur les produits informatiques et téléphonie ainsi que certains produits alimentaires.

Incluses dans la Loi de Finances 2022 en application depuis le 1er janvier de l’année en cours, ces mesures « antisociales » ont suscité l’attention des citoyens.

Gel des taxes compensé par le prix de l’or noir ?

Mardi, le président de la République est revenu sur les mesures susmentionnées. Selon ses explications à la presse nationale, ces décisions sont fortement liées à l’inflation des matières premières sur les marchés internationaux.

Compte tenu de cette situation, l’application des taxes supplémentaires pourrait impacter davantage le pouvoir d’achat des citoyens. Les produits deviendraient hors de portée du grand public.

Aussi, la hausse de prix du pétrole est l’un des facteurs qui ont poussé le gouvernement à agir de cette manière. Pour rappel, le coût actuel de l’or noir effleure les 100 euros. Un moyen pour le pays de contrebalancer le manque dû au gel des taxes.

Pétrole

Une décision trop précipitée ?

Les nouvelles règles mises en place récemment ont récolté des pluies de critiques. Le gouvernement n’aurait-il pas assez anticipé la situation ? Ou, se serait-il précipité pour prendre des décisions et les annoncer au public ?

Cet épisode remet en question l’usage des taxes alors que la hausse des prix demeure un véritable problème pour l’Algérie. Bien que les taxes permettent d’équilibrer et de remettre la caisse de l’État à flot, elles servent à la base d’instrument de réalisation stratégique et politique.

Les charges supplémentaires appliquées sur les marchandises importées consistent par exemple à mettre en avant les produits locaux et nationaux. Aussi, pour éviter d’exposer les consommateurs des tabacs à des maladies ou pour limiter leur consommation, les impôts qui y sont soumis sont fortement élevés.

Réformes économiques : un passage indispensable ?

La réaction du gouvernement est liée uniquement au maintien de la bourse publique. La raison ? Quelques mesures instaurées ne concordent pas avec le gel annoncé au préalable.

Pour preuve, le chef de l’État M.Tebboune a affirmé dernièrement les resserrements de la vente et de l’importation des produits de téléphonie et informatique pour donner l’opportunité aux startups d’évoluer. Cependant, on sait très bien que le coût de ces matériels est déjà exorbitant.

La majorité des Algériens risqueront de ne pas pouvoir s’en procurer si le gouvernement y ajoute de nouvelles taxes. Le même cas se répète pour les gels des importations de véhicules dans le pays tandis que ce dernier ne dispose d’aucune industrie d’assemblage d’automobile.

Importation voitures

Pareil pour les fiscalités sur les importations qui s’élèvent entre 30 et 200 % dans le DAPS ou le dispositif additionnel de sauvegarde. Ce sont donc des moyens pour le gouvernement de diriger les finances publiques et non l’économie.

Pour y remédier, il faut envisager des réformes sérieuses impliquant différents acteurs. Une fois la situation réglée, l’application des taxes pourrait être efficace.