Économie : le Dinar algérien n’arrive pas à remonter la pente face à l’Euro et au Dollar

Économie : le Dinar algérien n'arrive pas à remonter la pente face à l'Euro et au Dollar

Entre l’épuisement des rentes pétrolières et les diverses interdictions d’entrée de vol, l’économie algérienne se porte très mal depuis le début de l’année. Sur le marché des devises, cela se traduit par une baisse conséquente de la valeur du dinar algérien face au marché des devises, notamment face à l’euro et le dollar américain.

Chute continue de la valeur du dinar algérien sur le marché des devises

Si en apparence le taux de change du dinar algérien semble tout à fait correct, la réalité présente sur le marché informel est plus que ahurissante. Depuis le début de l’année, la valeur du dinar algérien n’a cessé de diminuer face aux monnaies d’échanges courants comme l’euro ou le dollar américain.

En ce qui concerne la monnaie unique européenne, sa valeur sur le marché parallèle du Square Port-Saïd n’a cessé de monter par rapport au dinar algérien depuis fin 2020. Si un Euro valait autour de 200 dinars en ce temps, on enregistrerait une hausse allant jusqu’à 212 DA ce 9 mars 2021. Il s’agit du pic le plus élevé atteint par la monnaie. Au niveau de la Bourse d’Alger, la valeur de l’Euro tourne autour des 158 dinars depuis quelques jours, sans aucune variation notable.

Quant au Dollar américain, un billet ne coûte pas moins de 176 DZD. Certes, ce chiffre n’est pas très éloigné par rapport aux statistiques fin 2020 (autour de 170 DZD pour 1 USD), mais la hausse continuelle du prix commence à inquiéter les spécialistes. Cette hausse se fait d’ailleurs ressentir sur les marchés officiels, car le dollar américain n’a cessé de monter en valeur depuis le début de l’année. Aujourd’hui, il vaut 133 DZD auprès de la Bourse d’Alger.

Baisse de la valeur du dinar : causes, conséquences, et solutions

Selon les économistes, la hausse stupéfiante du dinar dans le marché parallèle s’expliquerait principalement par les fermetures des frontières algériennes. Avec moins d’entrées étrangères au pays, il y a forcément une baisse des flux de devises. À cela s’ajoute la crise pétrolière et sociale que traverse le pays. Enfin, le manque de liquidité sur le marché officiel a porté le coup de grâce, obligeant la Bourse d’Alger à réguler directement la valeur de la monnaie nationale.

Cette déflation de la monnaie se fait ressentir directement au niveau des ménages. On a constaté une hausse de prix au niveau des produits de grande consommation ces dernières semaines. Cela concerne surtout les légumes et les viandes rouges, qui ont monté d’environ 10% en l’espace d’une semaine. On parle également d’une difficulté d’entrée sur le marché des bourses pour les startups. Si le Dinar algérien continue à chuter, aucune sécurité financière ne peut être garantie pour les entrepreneurs.

La solution la plus rapide face à cette chute de valeur est l’exportation de produits agricoles. Outre la datte algérienne déjà présentée comme produit phare en Europe, il faudrait augmenter les volumes d’exportation des produits agricoles comme la pomme de terre. Il faudrait également commencer à assainir petit à petit les devises du marché parallèle. La modernisation et la digitalisation des marchés boursiers assurent alors une meilleure sécurité aux opérateurs financiers du pays.

Written by A Nora

Journaliste, responsable éditoriale, Nora s’intéresse de près à l’actualité algérienne.