L’Algérie, fortement dépendante des hydrocarbures, s’engage dans une transition énergétique ambitieuse.
Nedjma Aouchiche, de la division Énergie solaire photovoltaïque du CDER, explore les défis et opportunités de l’intégration de l’énergie photovoltaïque dans le réseau électrique algérien, opéré par Sonelgaz.
Une étude riche en enseignements pour un futur plus durable.
L’Algérie, un géant solaire en quête d’une transition énergétique
Une étude récente menée par Nedjma Aouchiche du Centre de Développement des Energies Renouvelables (CDER) met en lumière les défis techniques, organisationnels et économiques liés à l’intégration de l’énergie solaire dans le réseau électrique algérien.
Actuellement, ce réseau est fortement dépendant des hydrocarbures, qui représentent plus de 95% des exportations du pays.
Face aux fluctuations des prix du pétrole et aux enjeux climatiques, l’Algérie a lancé un programme ambitieux visant à installer 15 GW de capacité d’énergies renouvelables d’ici 2035, dont plus de 13 GW en solaire photovoltaïque.
Cependant, cette transition énergétique rencontre plusieurs contraintes, notamment la nécessité d’une transformation structurelle du système électrique.
Les défis majeurs de l’intégration du photovoltaïque dans le réseau électrique algérien
L’un des principaux défis de l’intégration du photovoltaïque (PV) dans le réseau électrique algérien est la nature variable de cette source d’énergie.
En effet, la production d’électricité à partir du PV dépend directement de l’irradiation solaire, qui fluctue en raison du cycle jour/nuit et des conditions météorologiques.
De plus, le système électrique algérien ne dispose pas encore d’un système avancé de prévision de la production renouvelable, ce qui complique la planification.
Par ailleurs, contrairement aux centrales conventionnelles, les installations photovoltaïques n’apportent pas d’inertie naturelle au système, rendant celui-ci plus sensible aux perturbations.
L’absence de capacités de stockage à grande échelle et les limites économiques dues à l’absence d’un marché de l’électricité sont également des obstacles majeurs à l’intégration du PV dans le réseau électrique algérien.
Comment surmonter ces obstacles pour une intégration réussie du photovoltaïque ?
Pour relever ces défis, l’étude recommande plusieurs mesures. Le renforcement du réseau de transport et distribution est essentiel, tout comme le déploiement de systèmes de stockage pour équilibrer la production PV.
Une révision du cadre réglementaire est également nécessaire pour encourager l’investissement privé et l’autoconsommation.
L’implémentation de systèmes de protection intelligents, la création d’un marché auxiliaire de services réseau et la mise en place d’un plan de formation technique sont aussi préconisés.
L’intégration du photovoltaïque dans le réseau électrique algérien représente une opportunité historique pour amorcer la transition énergétique du pays.



