L’Institut national de santé publique d’Algérie, en collaboration avec l’OMS, révèle une prévalence alarmante des infections dans les services de réanimation et de chirurgie des hôpitaux.
L’étude met en lumière un usage excessif des antibiotiques et propose une stratégie nationale pour combattre ce fléau.
Les zones à risque d’infections dans les hôpitaux algériens : une réalité alarmante !
Une enquête menée par l’Institut national de santé publique (INSPB) a révélé des chiffres inquiétants concernant les infections nosocomiales en Algérie. Le taux d’infection global s’élève à 6,0 %, touchant principalement les services de réanimation et de chirurgie.
En effet, les services de réanimation sont les plus touchés avec un taux d’infection de 13,9 %, majoritairement des infections respiratoires. Les services de chirurgie suivent avec un taux de 7,0 %, où les complications liées au site opératoire sont prédominantes.
L’usage excessif des antibiotiques : un facteur aggravant ?
Le rapport de l’INSPB souligne également une utilisation massive et parfois inappropriée des antibiotiques dans les hôpitaux algériens. Plus de la moitié des patients (54%) reçoivent au moins un traitement antibiotique, souvent prolongé au-delà des recommandations internationales.
Cette surutilisation est particulièrement notable dans le cadre de la « prophylaxie chirurgicale », prévention avant une opération, prolongée dans 76,6% des cas au-delà de 24 heures. Cette pratique favorise l’émergence de bactéries ultra-résistantes, posant un défi majeur pour la santé publique.
Stratégie nationale pour combattre les infections hospitalières en Algérie
L’INSPB et l’OMS recommandent une stratégie quinquennale basée sur deux piliers principaux. Le premier est une tolérance zéro en matière d’hygiène, nécessitant la mise en place d’un Comité de Lutte contre l’Infection dans chaque établissement. Ce comité doit disposer d’un budget autonome et avoir une autorité réelle sur les protocoles de soins.
Le second pilier concerne un usage rationnel des médicaments, mettant fin aux prescriptions automatiques pour préserver l’efficacité des antibiotiques actuels. Cette enquête vise à établir un futur système national de surveillance pour réduire le risque d’infections nosocomiales.


