Wajdi Dhibi, expert en agroforesterie, soulève des questions cruciales sur la consommation et l’étiquetage de l’huile d’olive en Tunisie.
Malgré une production importante, la consommation locale reste modeste et les critères de qualité souvent méconnus.
L’absence d’indications géographiques et variétales sur les étiquettes est également pointée du doigt.
L’huile d’olive tunisienne : un trésor sous-estimé
Wajdi Dhibi, spécialiste en agroforesterie, a récemment mis en lumière la relation complexe des Tunisiens avec leur huile d’olive.
Il souligne que malgré sa place centrale dans la culture culinaire du pays, l’huile d’olive est souvent délaissée au profit des huiles végétales subventionnées.
Cette tendance s’explique en partie par un étiquetage insuffisant qui ne met pas en valeur la diversité et la qualité de l’huile d’olive tunisienne.
De plus, Dhibi déplore le manque de connaissance du grand public sur les critères de qualité de l’huile d’olive.
Selon lui, cette ignorance contribue à la sous-estimation de ce produit pourtant emblématique de la Tunisie.
La diversité géographique de l’huile d’olive tunisienne
La Tunisie, pays exportateur de premier plan, offre une huile d’olive aux profils organoleptiques distincts.
En effet, les huiles du nord, du sahel et du centre du pays sont influencées par les paramètres climatiques propres à chaque région, comme la température et la nature du sol, ainsi que par les variétés d’olives cultivées.
Cependant, cette richesse identitaire n’est pas mise en avant sur les étiquettes du marché. Ces dernières se contentent généralement de la mention « huile d’olive extra-vierge », sans indication d’origine géographique ni de variété, privant ainsi le consommateur d’informations précieuses.
Comment distinguer une véritable huile d’olive extra-vierge ?
Pour être qualifiée d’extra-vierge, une huile d’olive doit répondre à des critères précis. Elle doit notamment être obtenue par pression à froid, c’est-à-dire à une température inférieure à 27 degrés Celsius.
De plus, son taux d’acidité totale ne doit pas dépasser 0,8 %. Les polyphénols, antioxydants naturels, jouent également un rôle crucial dans la qualité de l’huile, tout comme la qualité de l’olive à la récolte.
Il existe aussi d’autres catégories d’huile d’olive, comme l’huile vierge simple, dont le taux d’acidité est compris entre 0,8 % et 2 %, et l’huile « lampante », moins valorisée car issue d’olives de moindre qualité.



