Un vent de changement souffle sur le marché agricole international. L’Espagne, acteur majeur de l’agriculture européenne, s’apprête à réaliser une opération sans précédent : exporter massivement ses ovins vers l’Algérie. Cette initiative, qui marque une première dans les relations commerciales entre ces deux pays, pourrait redessiner les contours du commerce agroalimentaire en Méditerranée.
Quels sont les enjeux de cette manœuvre ? Comment l’Algérie accueille-t-elle cette nouvelle ? C’est ce que nous allons découvrir dans cet article. Restez avec nous pour comprendre les dessous de cette actualité brûlante.
La décision marocaine bouleverse l’élevage ovin espagnol
La récente décision du roi Mohammed VI du Maroc d’annuler le sacrifice de mouton pour l’Aïd el-Adha 2025 a provoqué un véritable séisme dans le secteur de l’élevage ovin en Espagne. Le Maroc, qui importait chaque semaine entre 10 000 et 15 000 moutons espagnols pour le Ramadan et l’Aïd, ne passera aucune commande cette année.
Cette situation inédite a contraint les éleveurs espagnols à chercher de nouvelles opportunités pour écouler leur production. L’Algérie, prévoyant d’importer jusqu’à un million de moutons pour la fête religieuse, est perçue comme une alternative potentielle. Cependant, l’accès au marché algérien nécessite des démarches administratives que les organisations agricoles espagnoles souhaitent voir facilitées par leur gouvernement.
L’Algérie, une opportunité pour les éleveurs espagnols
Face à cette crise, l’Algérie se présente comme une solution viable pour les producteurs ovins espagnols. En effet, le pays prévoit d’importer jusqu’à un million de moutons en prévision de l’Aïd el-Adha. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a confirmé cette intention lors d’un Conseil des ministres en mars dernier, soulignant la nécessité de préparer un cahier des charges pour une consultation internationale.
Plusieurs organisations agricoles espagnoles, dont Asaja Extremadura, ont saisi cette occasion pour demander au gouvernement espagnol de faciliter l’accès au marché algérien et ainsi diversifier leurs destinations d’exportation.
Asaja Extremadura plaide pour une facilitation des exportations vers l’Algérie
Asaja Extremadura, une organisation agricole espagnole regroupant plus de 5 000 agriculteurs et éleveurs, a pris les devants en sollicitant le gouvernement espagnol pour faciliter l’accès au marché algérien. Selon cette organisation, il est impératif d’améliorer et d’étendre les accords commerciaux avec l’Algérie afin d’offrir de nouvelles opportunités aux producteurs espagnols.
Asaja Extremadura souligne également l’urgence de diversifier les destinations d’exportation, notamment face aux difficultés rencontrées sur les marchés traditionnels comme le Maroc. L’organisation insiste particulièrement sur la nécessité d’accélérer les procédures pour obtenir le certificat ASE, indispensable à la commercialisation des ovins espagnols en Algérie.



