L’Algérie, l’un des plus grands importateurs de blé au monde, a récemment lancé un appel d’offres pour l’achat de cette précieuse céréale. Cependant, la France, qui est traditionnellement l’un des principaux fournisseurs de l’Algérie, semble avoir été mise à l’écart de ce processus. Cette situation soulève de nombreuses questions sur les dynamiques changeantes du marché mondial du blé et les implications potentielles pour l’économie française.
Dans cet article, nous allons explorer les détails de cette affaire et tenter de comprendre pourquoi la France pourrait être exclue de cet important appel d’offres en Algérie.
Le marché du blé européen en déclin : l’Algérie joue un rôle clé
Le marché du blé en Europe subit une baisse significative des prix, avec le blé meunier à Paris clôturant récemment à 209 euros la tonne. L’Algérie a joué un rôle crucial dans cette chute des prix, refusant d’accepter le blé français lors d’un appel d’offres. Cette situation est exacerbée par la hausse de l’euro face au dollar et l’achat par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) de blé principalement issu de la zone de la mer Noire.
Ces facteurs ont rendu le blé européen moins compétitif sur le marché international, entraînant une baisse des ventes.
Impact sur l’exportation du blé français : une baisse significative
La situation actuelle a des conséquences néfastes sur l’exportation du blé français. FranceAgriMer, l’office agricole public, a dû réviser à la baisse ses prévisions d’exportations hors de l’Union européenne (UE), principalement en raison d’une demande plus faible de l’Algérie et de la Chine. Cette révision a entraîné une chute de 70% des exportations de blé français hors UE par rapport à la saison précédente.
Par ailleurs, des pays européens traditionnellement acheteurs de blé français, comme l’Espagne et les Pays-Bas, se sont tournés vers le blé ukrainien, moins cher, accentuant ainsi la difficulté pour le blé français à trouver preneur.
Réactions et solutions envisagées face à la crise du blé français
Face à cette situation, l’Algérie a entrepris de réduire sa dépendance aux importations en favorisant la culture locale du blé. Cette initiative a permis d’économiser 1,2 milliard de dollars en une année, selon le président Abdelmadjid Tebboune. De leur côté, les céréaliers français demandent des aides publiques et un retour à l’accord d’association de 2016 avec l’Ukraine, qui permettrait à ce dernier d’exporter dans l’UE 900.000 tonnes de blé tendre sans droits de douane.
La filière céréales française est fragilisée par la baisse de ses exportations, notamment vers l’Algérie, son principal marché à l’export, accentuant ainsi les difficultés économiques du secteur.



