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Réclamation de l’application des lois concernant la protection de la femme au travail

Réclamation de l'application des lois concernant la protection de la femme au travail
Ecrit par A Nora

La commission de l’UGTA exige l’application de mesures pour protéger les femmes contre la violence et le harcèlement sur son milieu de travail ainsi que dans son foyer. Les entreprises devront prendre en charge les plans de prévention nécessaire pour appliquer ces mesures.

Les victimes à la merci de leur harceleur

La commission femme de l’Union Général des Travailleurs Algériens (UGTA) s’est réunie ce 28 mars avec le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et des femmes (CIDDEF) pour discuter de la situation des employés du pays. La rencontre s’est portée sur le thème « Pour un monde du travail exempt de violence et de harcèlement ». Outre ce thème principal, ce fut également une occasion pour préserver le congé de maternité, mais surtout pour ratifier la convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail.

En effet, la violence envers les femmes est un fait fréquent sur les lieux du travail. Toutefois, aucune mesure réelle n’existe pour protéger la victime jusqu’à aujourd’hui. Au contraire, ce sont les harceleurs qui remportent la bataille une fois devant la justice. Cette violence n’épargne aucune catégorie sociale, et elle existe sur n’importe quel secteur de travail. D’ailleurs, l’UGTA n’a pas manqué de rappeler que 11 femmes sont mortes depuis le début de l’année à cause des violences qu’elles ont subies à leur travail.

« Depuis quelques années, nous recevons entre 7000 à 8000 plaintes concernant la violence envers les femmes. C’est un chiffre alarmant, mais en même temps cela signifie qu’elles ne supportent plus de rester dans le silence. Malgré ces plaintes, aucune loi ne protège ni la victime ni le témoin contre son harceleur. Cette situation est encore pire lorsque l’accusé est le supérieur hiérarchique de la victime ! Il n’hésitera pas à l’attaquer lui-même en justice, et même le témoin ainsi que l’accompagnateur de la victime se retranchent pour ne pas avoir de problèmes », déclare Soumia Salhi, représentante du CIDDEF.

Les réclamations de l’UGTA

Ainsi, l’UGTA réclame avant tout des autorités législatives pour protéger chaque femme des violences sexistes et sexuelles. La recommandation 206 de la convention 190 de l’Organisation Internationale du Travail l’indique même : « le droit à toute personne à un monde du travail sans violence ni harcèlement, en particulier les actes de violence qui ciblent les femmes. » Tous les syndicats du monde entier travaillent quotidiennement pour appliquer cette loi. L’UGTA a déjà effectué la demande auprès du Premier Ministre depuis novembre 2020, mais aucune mesure n’a encore été établie.

L’organisation exige également que chaque entreprise mette en place des plans de prévention et d’accompagnement contre ces violences. Toute entreprise ne respectant pas cette mesure sera alors victime de sanctions.

Les membres de la Commission Nationale des Femmes travailleuses n’ont pas également manqué de souligner le refus du congé maternité envers les nouvelles mères, alors qu’il s’agit également d’une autre forme de violence. Selon la loi, toute femme venant d’accoucher a droit à un congé de 98 jours de maternité pour se rétablir et prendre soin de son enfant. Une loi que les employeurs n’appliquent pas toujours.

Pour l’heure, il est recommandé à toutes les femmes d’approcher le syndicat approprié si elles ont été victimes de violence, afin de suivre les procédures adéquates. Quant aux femmes enceintes, il faut éviter toute absence – sauf pour maladie – durant les six derniers mois de grossesse afin de valider son dossier auprès de l’employeur. Les nouvelles lois pour protéger la femme sont encore loin d’être une priorité de l’État.

Auteur de l'article

A Nora

Journaliste, responsable éditoriale, Nora s’intéresse de prêt à l’actualité algérienne.