L’année 2025 est marquée par une vague de critiques sans précédent à l’encontre de l’Ugtt, la puissante centrale syndicale tunisienne. Accusée de scandale et de fraude, l’organisation se retrouve au cœur d’une tempête médiatique et publique. L’indignation est palpable et les réactions fusent de toutes parts. Comment en est-on arrivé là ? Quels sont les faits reprochés à l’Ugtt ? Cet article propose de faire le point sur cette situation complexe et explosive qui secoue la Tunisie.
Restez avec nous pour comprendre les tenants et aboutissants de cette affaire qui fait la Une des médias.
Manifestation contre l’Ugtt : revendications et réactions
Le jeudi 7 août, une foule s’est rassemblée devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt) à Tunis, Place Mohamed-Ali. Les manifestants, brandissant le drapeau national et chantant l’hymne national, ont exprimé leur mécontentement envers l’Ugtt, la qualifiant de « mafia » et de « symbole de corruption ».
Ils ont exigé la dissolution du bureau actuel de l’Union et le départ de son secrétaire général, Noureddine Taboubi, qu’ils ont traité de « lâche ». Des pancartes dénonçant la « dilapidation de l’argent du peuple » étaient visibles et le slogan « Dégage ! » a été scandé à plusieurs reprises.
L’Ugtt riposte face aux accusations
En réponse à ces allégations, l’Ugtt a émis un communiqué vigoureux, dénonçant une « tentative d’intrusion » qu’elle attribue à des « groupes criminels » agissant sur ordre de campagnes de mobilisation. L’organisation syndicale a promis de traduire en justice les auteurs présumés de cette tentative.
Par ailleurs, la controverse autour du congé pris par Noureddine Taboubi a alimenté les rumeurs de son départ imminent. Cependant, Sami Tahri, porte-parole de l’Ugtt, a fermement réfuté ces spéculations, affirmant que Taboubi est simplement en congé et reprendra ses fonctions à son retour.
Mesures de sécurité et appel à l’enquête par l’Ugtt
Un dispositif de sécurité a été mis en place devant le siège de l’Ugtt pour prévenir tout débordement potentiel. Suite à la manifestation, le bureau exécutif de l’Ugtt, représenté par son secrétaire général par intérim, Farouk Ayari, a condamné ce qu’il a qualifié de « tentative d’agression » du siège syndical par un « gang étranger à l’organisation ».
Le syndicat a également assimilé cette attaque aux méthodes des anciennes Ligues de protection de la révolution, la qualifiant de « lâche ». L’Ugtt a appelé le ministère public à ouvrir une enquête urgente sur les actes d’agression, de diffamation, de calomnie et d’incitation à la violence qui ont eu lieu ce jour-là.



